LA RCAF EN EUROPE

1951 - 1993



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With the RCAF in Europe

Office National du Film du Canada

1958

29 minutes

Ce film tourné en 1958 par l'Office National du Film du Canada était destiné à présenter la 1ère Division Aérienne canadienne aux militaires de la Royal Canadian Air Force en partance pour servir en Europe.

Les différentes bases canadiennes implantées en Europe sont donc présentées succinctement, ainsi que leur principales spécificités : en Grande-Bretagne, Langar (Logistique); en France, Metz (Quartier Généralde la Division), Marville (1ères escadre de chasse) et Grostenquin (2e escadre) la plus ancienne base de la division ; en Allemagne Zweibrücken (3e escadre) et Baden-Söllingen (4e escadre) et en Sardaigne, Decimomannu et son détachement canadien permanent devant accueillir les unités de chasse s'y déployant en campagne de tir.

Les résidences canadiennes, ou PMQ's (Permanent Married Quarters) et leur implantation géographique sont également présentées pour que les militaires sachent ce qui les attend en termes de logement et à quelle distance de leur base elles se situent. Les PMQ's comprennent des écoles élémentaires pour les enfants des militaires, ainsi que des aires de jeux offrant aux familles canadiennes une certaine commodité, même si le nombre des logements en PMQ's est insuffisant et si beaucoup doivent trouver à loger dans les villes et villages des environs, parfois même chez l'habitant.
Malgré cette insuffisance, l'Air Force souhaite rassurer ses membres : des aires de loisirs, notamment sportives, équipent toutes les bases! On y trouve ainsi bowling, patinoire, piscine, curling et différents terrains de sports collectifs. Chaque base est dotée d'un cinéma, d'une bibliothèque et de différents types de clubs. Enfin, l'économat canadien (PX) est là pour subvenir à tous les besoins de consommation domestique.

Mais c'est surtout la culture locale, ainsi que les us et coutumes qui sont détaillés au soldat canadien, pour limiter le choc culturel et faciliter l'adaptation à l'arrivée en Europe. Ainsi, en Europe, le supermarché était encore inconnu : les commerces étaient encore spécialisés et de petites tailles (primeur, boucher, crémier...). Attention à ne pas se servir soi-même dans l'étalage de l'épicier! Le self-service n'est pas encore entré dans les moeurs, il s'agit de ne pas brusquer la susceptibilité des commerçants, ni de paraître arriver en Europe en terrain conquis, telle une force d'occupation!

La vie rurale, les villages des années cinquante sans trottoirs, jonchés de tas de fumiers et de poules s'égaillant sur la chaussée ébranlent les Canadiens qui demeurent ahuris que les troupeaux de vaches aient plus de droits sur la route qu'eux à bord de leur voiture aux chromes étincelants et aux pneux à flancs blancs. Le film insiste sur les routes étroites et sinueuses et la conduite à gauche en Angleterre, le péril routier étant une réalité au sein de la division canadienne. On rappelle au soldat que son affectation outre-mer a une durée déterminée, mais qu'en cas d'imprudence, il se pourrait bien qu'il y demeure pour l'éternité, au cimetière canadiend e Choloy, près de Toul.

Le problème de la langue, l'affectation en zones rurales où les populations locales se lèvent de bonne heure et se couchent de même, sans forcément beaucoup de lieux de sorties (bars, discothèques...) à proximité des bases, ni beaucoup d'occasions de faire des rencontres galantes peuvent être une source d'abattement, et l'affectation outre-mer peut vite prendre des allures d'exil! En effet, la plupart des aviateurs sont de jeunes hommes célibataires,

Pourtant, la RCAF a à coeur d'apporter des solutions aux problèmes rencontrés par son personnel, grâce à des cours du soir de français et d'allemand pour favoriser la sociabilisation. Ce film vante également les merveilles touristiques de l'Europe, incitant les soldats canadiens à profiter de l'opportunité offerte par leur affectation pour découvrir Paris, Rome, Vienne ou Londres.

Ce tour d'horizon effectué, le film se clôture sur d'intéressantes scènes opérationnelles d'évolution de Sabre à Marville ou Grostenquin qui, quoique courtes, rappellent au soldat que quels que soient ses problèmes d'adaptation, ses tracas demeurent bien relatifs face à la menace soviétique qui pèse sur le monde occidental et qu'il lui incombe de combattre à sa mesure, du mieux qu'il peut lors de son affectation en Europe*!

 

* La durée des affectations des soldats canadiens en Europe variait de 2 à 4 ans, avec possibilité de prolongation, même si, pour un poste outre-mer, la RCAF recensait 5 candidats volontaires!

 

>> Site de l'office national du film du Canada <<

 
 
 

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Dernière mise à jour : 12/11/14

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